Samedi 17 Mai 2008

Le premier local faisant office de mairie, et de bureau de police fut installé en 1861 dans une partie du bâtiment abritant le café maure, arrêt des diligences situé avenue d'Alger. Cette maison qui fut la première construction du village avait été bâtie dans les années 1850 en torchis. En 1863 le bureau de poste y fut installé.

 

Ce n'est qu'en 1869 que fut bâtie la mairie que nous avons tous connu. L'emplacement choisi, en plein centre du village, était à l'origine un marécage où pullulaient canards sauvages et autres gibiers d'eau. Pour bâtir le bâtiment communal, il fallut raser une ancienne écurie datant de la création du village. La construction devait aussi abriter la poste et le commissariat. Le commissariat, auquel on accédait par la porte de droite, devait conserver ses locaux jusqu'en 1962. La porte centrale donnait accès au secrétariat de la mairie ainsi qu'à la salle du conseil ; quant à celle de gauche c'était la poste.

 

En 1906 avec la construction d'une nouvelle poste donnant sur la future place du monument, on en profita pour déménager le secrétariat de mairie dans les locaux laissés vacants et de consacrer toute la partie centrale à la salle du conseil. La salle du conseil sobrement décorée avec face à la porte d'accès une cheminée de marbre au dessus de laquelle se trouvait « la Marianne » entre 2 tentures tricolores, était multifonctionnelle. C'est autour d'une longue table de chêne clair que se tenaient les délibéra­tions du conseil municipal. C'était aussi dans cette salle qu'étaient célébrés les mariages civils, que se tenait le bureau de vote du village et que parfois des expositions étaient réalisées.

 

La mairie était bâtie en forme de L. Sa façade principale donnait sur la place de la République. Au centre une colonne supportait un buste symbolisant la République entouré d'une grille de fer forgé. En 1922 alors que la fête du village se déroulait en présence d'une nombreuse assistance, le buste de Marianne se détacha de son piédestal. Mademoiselle Marguerite Serra fut blessée. On découvrit rapidement la raison : une corde qui avait été fixée entre la Marianne et l'un des palmiers de la place servait à suspendre les fameuses marmites surprises de terre que l'on cassait à l'aide d'un bâton. Des enfants s'étaient suspendus à la corde et avaient fait basculer le buste. On s'empressa de faire disparaître les restes du monument. Quant au buste de Marianne, un bronze de 43 kilos, il fut installé dans la salle du conseil.

 

Le deuxième corps du bâtiment donnant sur la cour avenue d'Aïn-Taya abrita les services techniques du village ainsi que le bureau des contributions jusqu'à la construction des ateliers municipaux rue des écoles en 1919. Une partie de ces locaux fut convertie en logement de fonction.

 

Le premier étage de la mairie abrita jusqu'en 1919 le comptoir d'escompte qui avait été créé par les propriétaires terriens de la commune et qui en assuraient eux-mêmes la gestion. A leur départ, le premier étage fut réaménagé. On y installa le secrétariat de mairie, les bureaux du maire ainsi que du secrétaire. Un logement de fonction réservé au secrétaire de mairie fut créé. L'ancien secrétariat du rez de chaussée, quant à lui, fut transformé en bureau d'aide sociale. C'est dans ces locaux, avant que ne soit construit le dispensaire, que se déroulaient les différentes campagnes de vaccination. Ces locaux servirent aussi de bureau de vote pour le deuxième collège.

 

L'état civil fut de tous temps le problème le plus épineux qu'eurent à résoudre les différents secrétaires de mairie tout particulièrement avec la population musulmane qui omettait de déclarer naissance et décès. Si dès 1945, les allocations familiales réglèrent la question des naissances et décès des enfants scolarisés, le problème resta entier pour les autres générations de la population musulmane jusqu'aux événements d'Al­gérie. En effet, l'obligation d'être muni d'une pièce d'identité à tout moment eut pour mérite de clarifier quelque peu la situation. Officiers aux affaires algériennes et gardes champêtres s'attelèrent à ce délicat problème. Certains individus ne connaissant pas leur date de naissance furent déclarés «nés présumés». D'autres savaient être nés «l'année du choléra» ou «l'année des sauterelles» ou encore «l'année de la venue du Président de la république en Algérie» et ainsi de suite. On fit la transcription! Certains ne connaissaient même pas leur nom de famille. Une formule fut consacrée : «S.N.P.» (sans nom patronymique) suivi de leur prénom ainsi que du prénom du père, qui, dans bien des cas, étaient identiques. Il y eut de nombreux : S.N.P. Mohamed Ben Mohamed...

 

Avant 1914 des erreurs se sont aussi produites parmi les européens dues au fait que la personne venant déclarer l'enfant était illétrée ou ne parlait, généralement, pas le français. Ce fut le cas de la famille «Marin» dont le père se prénommait «Rufino». Les 2 premiers enfants eurent comme nom de famille «Rufino». Mais pour les 2 autres l'erreur fut corrigée. Il en résulte que des enfants de même père et mère ne portèrent jamais le même nom de famille. Un autre cas connu dû à une erreur d'orthographe toucha la famille «Roman» où l'un des fils eut pour nom patronymique «Roma»,

 

Seule la Marianne de notre mairie qui datait du second empire sous Napoléon III put être rapatriée grâce à la présence d'esprit de notre maire Monsieur Beuchotte. Ce dernier l'offrit à la commune de Meursault en Saône et Loire en hommage à son père Pierre né dans cette commune en 1868 et qui siégea au conseil municipal de Rouïba aux côtés de Joseph Gêner.

 

Après l'indépendance le siège de la Mairie   a subi plusieurs extensions et modifications avec la création de plusieurs bureaux supplémentaires (petite annexe) installés à l'enceinte de l'école Mohamed KEBIR ex: école des garçons.

 

En avril 2007 les bureaux d'état civil ont été transférés à l'ex: siège de la Daira de Rouiba qui auparavant était la Villa MIRA à l'entrée de la ville, quant aux bureaux de Mr le Maire et ses Adjoints ces derniers eux aussi ont été transférés à un nouveau siège en préfabriqué en face de l'ENDEFOC. Seule les bureaux du Social et du Sport qui sont restés dans le siège de la Mairie.

 

 

 

Samedi 17 Mai 2008

           C'est le 11 Août 1853, que le conseil du gouvernement se penche sur un projet de fondation d'un centre sur la route Alger - Dellys à l'embranchement du chemin d'Aïn-Taya, ayant pour vocation un lieu de gite et de culture.

 Le 30 Septembre de la même année est publié le décret suivant : Napoléon

 Par la grâce de Dieu et la volonté nationale

 Empereur des Français à tous, présents et à venir : Salut

 Vu les ordonnances des 21 Juillet 1845, 5 Juin et 1er Septembre 1847

 Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'état au département de la guerre

 Avons décrété et décrétons ce qui suit :

                 ART. 1 : Il est créé dans l'arrondissement d'Alger sur la route Alger –

 Dellys un centre de population de 22 feux qui prendra pour nom ; ROUÏBA.

 ART. 2   : Le territoire agricole affecté à ce nouveau centre, ce conformément au plan ci annexé, est de 585 ha 85 a 20 ca.

                                                 Fait au palais des Tuileries, Le 30 Septembre  1853

                                                 Signé NAPOLÉON

  

 

                                         ROUÏBA VILLAGE MAHONNAIS

 Notre Rouïba venait d'être porté sur les fonts baptismaux. Mais que signifie Rouïba? Ce qui est incontestable c'est que son origine provient de l'arabe ou du berbère. Quant à sa traduction les avis divergent.

 Je me contenterai, sans prendre position, de vous donner 4 traductions possibles. La première pourrait être, comme les autres d'ailleurs, une traduction déformée de «petite forêt» bien que personne n'en ait point connu. La seconde «la descente» ce qui s'expli­querait par la situation géographique de Rouïba. La troisième serait «petit ruisseau» bien que Rouïba ne fut traversé par aucun d'entre eux. Quant à la quatrième, le nom du village viendrait de «broussailles». Pour ce qui est de la broussaille, nos ancêtres en ont trouvé et en ont défriché, il n'y a pas l'ombre d'un doute à ce sujet.

 Ce n'est que début Mars 1854 qu'eut lieu l'adjudication des 22 concessions qui ne furent remises officiellement à leurs propriétaires qu'à la fin de ce mois, avant la saison

 des pluies. Chaque adjudicataire dût débourser 1500 francs et prouver qu'il disposait d'une somme équivalente pour réaliser les différents travaux de mise en valeur des terres ainsi que la construction de son habitation. Pour prévenir d'éventuelles spéculations, le contrat prévoyait que le colon devait cultiver, pendant 3 ans, ses terres avant de pouvoir les revendre. Chaque concession se divisait comme suit :

 1er lot :

 Cinq hectares de bonne terre située dans la partie orientale du village qui avait été préalablement défrichée par l'armée.

 2ème lot :

 Huit hectares et demi dans la partie occidentale de la commune à défricher.

 3ème lot

 Cinquante   ares   dans   la   partie   actuelle   de  Rouïba   aplanis   et défrichés également par

 l'armée et réservés à l'habitation. Soit au total une superficie de 14 hectares par adjudicataire à laquelle s'ajoutait un communal de 70 hectares pour le bétail.

 Qui furent ces 22 familles de pionniers qui, à la sueur de leur front et au péril de leur vie, guettés autant par ia maladie que par les brigands, fondèrent Rouïba? Aucun document officiel ne les désigne nominativement, si ce n'est que l'un d'entre eux qui précise que presque tous les colons étaient mahonnais et avaient été choisis suite aux très bons résultats obtenus par leurs compatriotes de Fort de l'eau.

 C'est les 6 et 7 Mars 1854 que les premiers adjudicataires vinrent prendre possession de leur concession avec engagement de bâtir leur maison dès le mois suivant pour qu'à l'automne cultures et ensemencement puissent être réalisés. Fin 1854, 12 maisons étaient construites et 11 familles y habitaient, soit 42 personnes.

 Au 31 Décembre 1855, 95 hectares avaient été défrichés et 49 ensemencés. Ce n'est qu'en 1856, que le village fut achevé. Les 22 familles étaient installées, 224 hectares étaient en rapport et 2600 arbres avaient été plantés. Chaque maison avait son puit d'une profondeur de 10 à 12 mètres. Avant de les creuser, on avait recours aux sourciers qui, à l'aide d'une montre de gousset ou d'une baguette d'olivier, détectaient les nappes phréatiques. Cette méthode de recherche s'appliqua de tous temps. J'ai le souvenir du «Petit Mora», employé des chemins de fer algériens, qui mettait ses talents ou plutôt ses dons à la disposition de ses amis désireux de construire leur puit.

 En 3 années, 70 % des concessions étaient cultivées. Avec les moyens dont dispo­saient les colons de l'époque, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne s'étaient pas tournés les pouces. Le village était toujours inclus dans la commune de la Rassauta qui regroupait Rouïba, Aïn-Taya, Matifou ou Aïn-Kata (la source noire), Aïn-Béïda ou Suffren (la source blanche) et Fort de l'eau qui devint commune de plein exercice le 2 Juin 1851. Rouïba devint commune de plein exercice le 1er Janvier 1862. Voici le décret :

 ART. 1 : Sont érigées en communes de plein exercice dans le département d'Alger, les sections de communes ou centres dont les noms suivent :…………….ROUÏBA.

 ART. 2 : Les limites de cette nouvelle commune sont fixées et notifiées comme suit : «La commune de Rouïba outre son chef-lieu comprend les hameaux d'Aïn-Béïda, Matifou et le village d'Aïn-Taya ce dernier formant section de commune.

 La commune est délimitée comme suit : Au Nord, la mer depuis l'embouchure de l'oued Hamiz jusqu'à l'embouchure de l'oued Réghaïa.

 A l'Est, l'oued Réghaïa, l'oued El-Biar et la limite Ouest de Haouch Ben Aïda jusqu'à l'ancienne route de Dellys.

 Au Sud, la route Alger - Dellys jusqu'à l'oued Hamîz.

 A l'Ouest, l'oued Hamiz.»

 ART. 3 : L'organisation du conseil municipal est ainsi fixée : le nombre de conseillers municipaux est fixé à 10, maire compris.

 ART. 4 : Le présent décret ne recevra son effet qu'à partir du 1er Janvier 1862.

 ART. 5 : Des arrêtés du préfet du département d'Alger fixeront les détails d'exécution pour les partages à faire entre les communes anciennes et les sections de communes érigées en communes nouvelles.

 ART. 6 : Notre ministre, secrétaire d'état au département de la guerre, et le gouverneur général de l'Algérie sont chargés du présent décret.

                                                        Camp de Châlons le 22 Août 1861

                                                        Signé :      NAPOLÉON          

                                                       Le secrétaire d'état au département de la guerre 

                                                       RANDON                    

 

        Cependant entre le 30 Août 1864 et le 14 Septembre 1870, les limites de la commune devaient se modifier au Sud comme au Nord.

 

Le 30 Août 1864, certains habitants du Fondouk présentaient une requête à leur conseil municipal demandant à être rattachés à la commune de Rouïba pour raison d'éloignement et de difficultés de communications surtout en hiver. La partie du territoire concerné s'étendait au Nord du chemin qui allait de l'oued Hamiz à l'oued Réghaïa. Le conseil municipal du Fondouk, à l'unanimité, rejeta cette suggestion. Les choses n'en restèrent pas là. Une commission comprenant une délégation des signataires de la pétition ainsi que des habitants de Rouïba se réunissait et adressait au Préfet les résultats de leur enquête. Le 27 Février 1867, le préfet accordait les modifications des limites de la commune.  

 

Au Sud avec la commune d'Aïn-Taya ce fut tout autre chose. Le 14 Septembre 1870, Aïn-Taya ayant été décrété commune de plein exercice, les pourparlers entre les communes de Rouïba et Aïn-Taya concernant le litige sur la frontière des 2 communes valait au préfet le rapport suivant :

 

«Commune Rouïba – section Aïn-Taya avec les hameaux d'Aïn-Béïda et Matifou –Affaire difficile.»  

 

Le 22 Août 1872 en mairie de Rouïba une commission composée d'une délégation des 2 communes avec à leur tête les maires de Rouïba et d'Aïn-Taya ainsi que monsieur Loucias, géomètre, étudia les plans et s'informa auprès des indigènes. Il fut décidé que la limite des 2 communes serait le chemin d'Alger à Dellys, ce chemin partant de l'oued El Biar à l'Est, se dirigeant à l'Ouest en suivant la crête de la colline jusqu'à la ferme Ben-Daly Bey puis en ligne droite jusqu'à l'oued Bouréah.  

 

Le litige aurait été réglé le 28 Août, les participants de la commission s'étant mis d'accord pour tirer en ligne droite la frontière des 2 communes avec abandon réciproque des parcelles. Mais le maire d'Aïn-Taya prétextant qu'il n'y avait pas eu d'infor­mations transmises au préfet rejeta catégoriquement le compromis. Le préfet trancha en faveur de la commission. Ainsi fut enfin réglé un litige vieux de 25 ans.  

 

Extrait du livre "Histoire de Rouiba"

Autorisation de Pierre Caratéro.

 

       Après l'indépendance les limites de la commune ont été  motifiées suite aux nouveaux découpages dont le dernier était en 1984 et notifiée comme suit : «La commune de Rouïba outre son chef-lieu comprend les hameaux de : Benchoubane, Sbaat, El Merdja, Haouche Rouiba, et Hai Nasr Hamiz                      

 

La commune est délimitée comme suit :

 

Au Nord, en ligne de droite jusqu'au Haouch Ben Dali Bey où se trouve la Laiterie de BETOUCHE  limitation avec la Commune de Fort de l'Eau et la route de Dergana jusqu'à Heuraoua.  

 

A l'Est, jusqu'à la sortie de la Zone Industrielle de Réghaia, l'autoroute Alger Constantine près de la ferme Fedelich.

 

Au Sud, Douar Chebacheb limitation avec la commune de Khemis El Khachena. A l'Ouest Jusqu'au Hai Enasr et l'Oued Hamiz.

 

 

 

 

 

 

 

 

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